Échanges de données : la quincaillerie s’emboîte dans Edoni

Mi-juin, l’association Edoni a validé le déploiement opérationnel de son référentiel commun d’échanges de données entre fournisseurs et distributeurs. Elle vient d’accueillir dans ses rangs, entre autres, le canadien Ficodis (environ 30 M€ de CA). Spécialiste en fournitures industrielles, il adhère à IDI : un groupement d’indépendants qui pèse plus de plus de 1 Md$ (environ 675 M€) pour une centaine d’entreprises et 200 agences. D’ailleurs, une version anglaise du référentiel Edoni est programmée prochainement. (Photo : DR)

Quelques mois après avoir testé sa version 2, Edoni*, la plateforme commune d’échanges de données fournisseurs-distributeurs, entre dans une phase opérationnelle. Elle vient aussi de se doter d’un certificateur qui garantit la fiabilité et la validité des datas.

* Acronyme d’échanges de données normalisées informatisées
Edoni est désormais sur les rails. « Le 14 juin, notre référentiel a appuyé sur la touche “Entrée” ! », sourit Christian Rosescou, président de l’association Edoni. Ce jour-là, « en réunion de directoire, les douze groupes de négoce adhérents [Cofaq, DomPro, Éqip, Fair, Géadis, Mabéo, Orexad, Saint-Gobain, Socoda…] ont acté leur engagement pour déployer cette plateforme partagée, la promouvoir et la recommander auprès de leurs fournisseurs », poursuit-il. À travers ce référentiel commun normalisé et évolutif (voir encadré), l’association d’une quarantaine de membres (industriels, négociants et prestataires) souhaite « améliorer la fiabilité des flux d’informations produits et optimiser l’ensemble des process (commerce, marketing, logistique…). C’est un “driver” qui permet à tous de parler le même langage pour gagner en productivité », détaille Gabriel Guigue, vice-président d’Edoni et “bras armé” de la plateforme en accès gratuit.

Une nouvelle “brique” pour valider les datas
Après une période d’« évangélisation », Edoni ambitionne de se lancer dans « un déploiement de masse », selon Christian Rosescou. Mi-mai, lors de son assemblée, l’association a d’ailleurs proposé d’intégrer un outil de certification des fichiers, comme le confiait cet automne Christian Rosescou à Zepros. « Ce process automatisé, via une clé de certification, analyse le contenu des fichiers produits des fournisseurs et leur conformité. C’est un moyen de fiabiliser la gestion du cycle de vie des datas et de renforcer la qualification des bases de données. Le cas échéant, un rapport d’erreur est envoyé aux fabricants », décrypte Gabriel Guigue. A priori, un dispositif « redoutable » pour favoriser le déploiement « massif » d’Edoni ? « Les enseignes n’auront plus à retranscrire manuellement les données manquantes dans les catalogues de leurs fournisseurs », résume Christian Rosescou. Alors que les négociations tarifaires 2018 se rapprochent, certains distributeurs sont déjà à pied d’œuvre.

Premières mises en route
• Legallais (Fédis/Éqip) migre à 100 % vers le format Edoni ; soit un périmètre d’environ 600 fournisseurs et un peu moins de 45 000 références au total. Selon Christian Rosescou, c’est le distributeur « le plus avancé » au sein de l’association. Désormais uni à Fédis au sein du GIE Éqip, Seba qui s’est doté d’une vaste base documentaire en 2014, lui emboîtera-t-il le pas prochainement ? À ce jour, les deux groupements référencent 100 fournisseurs communs (30 déjà sous contrats Éqip et 70 à venir), ainsi que 110 autres marques spécifiques à Fédis ou Seba.
• Cofaq doit engager la démarche auprès d’une vingtaine de fournisseurs.
• DomPro serait « dans les starting-blocks ».
• Le pôle Distribution de Saint-Gobain qui a rejoint l’association courant 2015, mène un pilote sur un panel de « quelques fournisseurs ».

Travail de mise en cohérence
Confiant dans le déploiement du référentiel, Christian Rosescou martèle qu’« Edoni répond à 100 % aux besoins des distributeurs en quincaillerie et fournitures industrielles, mais aussi à l’écosystème de la filière des matériaux ». Voire. En tout cas, l’association dont le budget est passé de 30 k€ en 2015 et 2016 à 37 k€ cette année, a accueilli KDI en mai dernier. Surtout connue pour les produits métallurgiques, l’enseigne qui dispose d’un pôle Fournitures industrielles, revient en fait dans le giron d’Edoni.
Une ré-adhésion qui annonce aussi le retour d’un des membres-fondateurs de l’association Edoni en 1986 : le poids lourd Descours & Cabaud ? Exploitant un format baptisé ide@ – la solution de traitement des factures fournisseurs en Pdf qu’avait développée Edoni en 2005 –, le groupe lyonnais serait « en phase d’observation », assure Christian Rosescou. En attendant, « un vaste travail de “mapping” (mise en cohérence des systèmes d’information) est engagé au sein des groupes de distribution ; certains ayant des entités ou adhérents qui cumulent des ERP et des bases de données différentes », souligne Gabriel Guigue. À l’image du pôle Distribution de Saint-Gobain qui expérimente, en parallèle, Fab.Dis : le référentiel déployé par la filière du matériel électrique depuis deux ans et demi.

Convergence avec Fab.Dis ?
Garant des règles de l’art, Gabriel Guigue, le “Monsieur Référentiel” d’Edoni, estime pourtant qu’« aujourd’hui, 85 % des attributs obligatoires dans Edoni sont couverts par Fab.Dis [contre environ 40 % fin 2016]. Certains champs de Fab.Dis, notamment en matière de tarifs et de logistique, ne répondent pas encore tout à fait aux besoins de nos écosystèmes ». De là à tendre la main à la FGME et Ignes qui portent ce référentiel ? « Des passerelles existent », convient simplement le président d’Edoni. Et des discussions seraient, a priori, prévues dès la rentrée. À la FGME, son délégué général, Roland Mongin n’écarte pas l’idée d’une « possible convergence » entre les deux formats ; d’autant qu’ils présentent « une architecture commune sur l’ensemble des données ». Quoi qu’il en soit, le négoce quofi a lancé la “machine Edoni” en interne et auprès de ses fournisseurs. Reste à savoir si ça matchera rapidement. « Dans ce genre de dossiers, il y a souvent un rapport de force entre fournisseurs et distributeurs. Certains fabricants traînent parfois des pieds pour adopter de tels référentiels et ne sont pas forcément, officieusement, “adeptes” de ce type de plateformes qui rendent leurs offres… hautement comparables ! », constate un expert du big data. Stéphane Vigliandi.

Edoni en bref

• Le référentiel commun et évolutif définit avec précision la structure, les champs et les valeurs des données nécessaires aux référencements des produits dans les systèmes d’information du négoce.
• 5 sous-fichiers au format Excel correspondent aux 5 types de datas à transmettre aux fournisseurs : l’identité produit, les données tarifaires, logistiques, réglementaires et marketing/techniques.
• Cette structuration des données produits alimente, entre autres, les catalogues électroniques des enseignes via le PIM (product information management).

Source de l’article : Tokster.com

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